dmm_logo_RGB-2.png
Rechercher

Manque de motivation au travail. Et si ce n'était pas le bon clou sur lequel cogner ?


Qu’est-ce qui fait en sorte qu’une personne peut progresser dans l’apprentissage d’une tâche, d’une compétence ? Comment une personne peut-elle aller au bout de ses propres aspirations, persévérer devant les obstacles inévitables ? Qu’est-ce qui permet de prédire le résultat positif et la performance d’un individu dans une tâche ?


Sa maîtrise et son talent sont définitivement des ingrédients, nous sommes d’accord.


Mais.. nous sommes tous en mesure de remarquer qu’entre deux collègues ce n’est pas toujours le talent ou la haute maîtrise d’une compétence qui permet des résultats, de faire avancer les choses ou même d’obtenir une promotion.


Sa motivation ?


C’est influent, c’est vrai… Mais on a tous déjà connu une personne oh combien motivée, mais qui ne passe pas à l’action. Qui a de grandes aspirations professionnelles et même à nos yeux la capacité d’y arriver, mais qui ne bouge pas.


En effet, c’est triste à dire, mais nous pouvons objectivement être performants pour une tâche donnée, être hautement motivés, mais de se sentir incapables de la réaliser.


Et cette croyance, ce jugement que l’on se porte à la capacité de prédire nos performances. Cette composante, bien documentée dans les recherches en psychologie organisationnelle se nomme :


Le sentiment d’efficacité personnelle.


C’est un facteur important dans le cheminement professionnel, encore peu discuté. Nous souhaitons donc, dans ce premier article sur le sentiment d’efficacité, vous permettre d’identifier déjà comment celui-ci vous impacte dans votre quotidien au travail.


Un petit peu de théorie


Ce concept provient de l’éminent psychologue canadien Albert Bandura, pionnier du courant sociocognitiviste.

Définition du sentiment d’efficacité personnel (SEP) : c’est le jugement que porte la personne sur sa capacité à elle de réaliser une tâche particulière.


C’est une croyance en ses capacités à :

-organiser et réaliser les actions requises pour atteindre ses objectifs

-mobiliser sa motivation et ses ressources pour avoir du contrôle sur notre vie


Autrement dit, c’est ce que nous croyons que nous sommes capables de faire dans certaines situations. C’est donc avant tout un jugement et une croyance sur soi.


Les recherches démontrent qu’une personne possédant des compétences plus développées et un SEP faible pourrait moins bien réussir qu’une personne avec SEP élevé et moins compétent. Ce n’est pas rien.


Un fort sentiment d’efficacité personnelle est associé à une capacité à se fixer des buts plus élevés, faire de meilleurs choix pour atteindre ses objectifs, investir plus d’efforts, persévérer davantage, envisager les tâches ardues comme des défis à relever, se montrer plus résilient et se remettre plus facilement d’un échec.


« Si les gens ne croient pas qu’ils peuvent obtenir les résultats qu’ils désirent grâce à leurs actes, ils ont bien peu de raisons d’agir ou de persévérer face aux difficultés » (Bandura, 2003)



Comment renforcer ses croyances ?


Un point important du SEP est qu’il est relativement flexible. Il est donc possible, dans plusieurs situations, de le renforcer.


Les 4 sources qui l’influencent le plus :


-Les expériences des réussites antérieures.

Si on a plusieurs expériences accumulées de succès et de maitrise, cela peut venir influencer positivement la croyance. Alors que plusieurs petits échecs peuvent venir effriter le SEP.


-L’observation, le modelage (expériences vicariantes).

Observer les échecs et les réussites des autres nous influence. Voir des personnes vivre des expériences de maitrise et de réussite peut augmenter notre propre sentiment d’efficacité. Plus on s’identifie à la personne, plus cela aura de l’impact, positif et négatif.


-Encouragement (persuasion verbale).

Les encouragements, les conseils et les avertissements. Pour avoir plus d’impact avec cette stratégie, on doit évidemment le sentir authentique et venir de personne significative pour soi. À l’inverse, une personne significative pour également nous faire douter dans ses commentaires. Si nous n’avons pas encore d’expérience dans le domaine, cela aura encore plus de conséquences.


-L’interprétation de nos états émotionnels.

Par exemple, lors d’une nouvelle activité, on peut ressentir du stress dans son corps (rythme cardiaque élevé, tremblement, mal de ventre). Une personne pourrait interpréter cet état comme un signe d’incompétence. Pour une autre personne, cela pourrait être interprété comme de l’excitation. Si on associe des émotions négatives ou du stress, cela a pour effet de diminuer notre SEP, alors que si on associe du plaisir, on développe le sentiment et la motivation à le refaire.

On peut donc penser que les conditions émotionnelles d’une personne peuvent fortement influencer.



Exemples que l’on voit dans nos bureaux de l’influence du SEP en emploi :


-des gens qui remettent en question leurs capacités et choix professionnels à la suite d’un ou deux échecs


-des personnes qui perdent de la motivation et qui sont peu confiants d’avoir les ressources nécessaires pour poursuivre dans leur milieu de travail à force de voir des gens inspirants quitter leur milieu de travail


-une personne pleine de potentiel et de ressources qui évolue dans un environnement où le défi est trop élevé, trop rapide et qui doute de ses capacités à le réaliser


-une personne qui ressent des manifestations du stress lors d’une transition de carrière (anxiété, irritabilité, fatigue) et qui interprète qu’elle ne sera peut-être pas capable de réussir, ce qui la mène à quitter rapidement son emploi


-une personne qui contemple, admire un rôle, qui l’intéresse, pour lequel elle considère ne pas avoir beaucoup d’expériences et qui ne bouge pas vers la direction souhaitée



Mais aussi, on peut voir les clients augmenter leur SEP


-la personne est dans un milieu de travail qui lui plait. Un collègue sénior, lui ressemblant beaucoup, lui explique comment il a progressé dans son cheminement de carrière. Cela est inspirant pour elle et l’encourage à prendre action elle aussi.


-relever des défis professionnels réalistes et atteignables et accumuler des sensations de plaisir et des réussites

-reconnaître et normaliser l’expérience de stress vécue lorsqu’une personne fait face à une situation professionnelle nouvelle, mais désirée, pour maintenir le cap et répondre à ses aspirations



Pour conclure, on peut se rappeler que la réussite ne repose pas uniquement sur nos aptitudes et compétences « objectives », mais aussi sur nos propres croyances en nos capacités de réussir. Le SEP est précieux, c’est un atout à la réussite. Prenons-en soin.